Mathieu HEYRAUD

chorégraphe - interprète

Mathieu Heyraud intègre en 2002 le Conservatoire National Supérieur de Danse de Lyon. Chorégraphe, interprète, improvisateur, pédagogue, considérant la création comme un acte global, il crée aussi les univers sonores et scénographiques de ses pièces. En 2013, il participe au programme de recherche Prototype I à l’Abbaye de Royaumont sous la direction de Hervé Robbe et s’interroge sur les espaces propices à l’apparition du chorégraphique. Il est signataire actif de L’Appel.

Danseur-Interprète (de 2005 à 2015) au Centre Chorégraphique National de Grenoble auprès de Jean-Claude Gallotta, il participe à la reprise de L’enfance de Mammame, à la création de Cher Ulysse, My Rock, Chroniques Chorégraphiques, Le Maître d’Amour, du duo Sunset Fratell, de l’opéra Armide, de Tumultes et du Sacre du printemps, de Racheter la mort des gestes, et de Yvan Vaffan. Il collabore aussi avec Osman Kassen Khelili au projet Cannibalisme, faits divers / Festin Final (2010), avec Céline Larrère pour GGGGUTS (2014), avec Caroline Grosjean sur les projets Partition (2015) et Dyptique (2016), avec Vidal Bini pour Morituri ou les oies sauvages (2017) et avec Pierre Pontvianne pour MASS (2018).

Il crée en 2006 la compagnie R/Ô, laboratoire de recherche et de jeux chorégraphiques. Avec le spectacle Les papillons sont éphémères (2007), il place l’humain et la relation à l’autre au centre de son travail, de son écriture. Avec le roman du même nom (2008), il se joue de la frontière entre les mots et le mouvement. Sa pièce Nature Morte (2010), une réflexion sur la mémoire et la perte d’identité, lui permet d’assumer et d’affirmer une théâtralité personnelle et singulière. Le projet réunit danseurs et comédiens questionnant de nouveaux rapports au corps et à la scène. En 2011, il imagine Bal / laB, une expérience entre le spectacle interactif, la performance artistique, et la soirée de bal. Expérience privilégiée en contact direct avec le public, il continue à y affiner son regard sur le mouvement du point de vue de la gravité. Dans Les balançoires, trilogie de l’intime (2011-2013), la relation personnelle aux autres, aux objets et au monde devient le sujet central. À partir de 2013, la série Rien à déclarer du côté du ciel, projet protéiforme aux frontières indéfinies, connait une croissance mouvementée, provocatrice d’expériences et de rencontres: avec Ceci est mon Xème jour de création, l’artiste interroge à Avignon la place de son travail dans la ville, avec Expérience 0, il invite le public a réalisé la performance en suivant la partition sonore, avec Expérience du noir, il prive le spectateur de la vue pour une plongée sensoriel dans l’univers de sa création. Il crée en février 2015, le duo Rien à déclarer du côté du ciel pour la scène ou église au festival Les Hivernales à Avignon. Depuis 2016 (en cours), il est à l’initiative de Le Magasin, Laboratoire de permanence chorégraphique au coeur de la ville de Saint-Etienne, interrogeant la danse, et l’improvisation comme service de proximité. Depuis trois années, il y collabore quotidiennement avec de nombreux artistes, et penseurs, travaillant à la plasticité de sa pratique, au déploiement de son écriture et à la recherche en improvisation. En 2017, il crée CORTEX - une autopsie du langage chorégraphique, une performance/exposition improvisée pour médiathèque, hommage aux chorégraphes morts et interrogations sur nos cultures de la danse. En 2018, il invente DISPARITION, une création/feuilleton quotidienne monumentale pour vitrine vide, et crée le solo COURTES ÉTUDES SUR L’INVISIBLE dans lequel il s’emparer de l’invisible comme motif chorégraphique, et joue avec ce qui ne se voit pas. Dès 2019, il débute les recherches de la pièce THÉÂTRE (2020), continuant ainsi son interrogation sur les lieux et leurs usages et imagine le projet-jeu BODY BAGARRE (2020). En co-écriture avec Eloïse Deschemin, il parcoure aussi les villes avec le projet LOCAL (2018-20XX), variation sur les vides qui sont pourtant déjà plein.

Titulaire du diplôme d’état, il intègre son parcours artistique à son projet pédagogique affinant son acuité au mouvement et développant un langage corporel personnel. La rencontre et le partage motivent son parcours. Il enseigne la danse à l’École Nationale Supérieure d’Art Dramatique de la Comédie de Saint-Étienne (depuis 2015), dirige artistiquement le projet « Entrons dans la danse » (2014-2016) du Centre National de la Danse de Lyon, transmet régulièrement les pièces de Jean-Claude Gallotta…